Le leader de LulzSec se confie dans la presse
Vous n'êtes pas sans savoir que depuis début 2011, LulzSec, un groupe d'hacktivistes, est à l'origine d'un bon nombre de piratages de grande envergure. Proches du mouvement Anonymous, ces derniers ont aussi bien touché Sony que la CIA ou encore le site de The Sun, où le groupe a annoncé la mort de Rupert Murdoch, en plein scandale des écoutes téléphoniques.
Aujourd'hui, l'un des leaders, si ce n'est le leader principal, a décidé de parler et de s'adresser à la presse. Sous le pseudonyme Sabu (en hommage au catcheur américain), l'homme semble bien loin du stéréotype du hacker asocial - expression purement incohérente - enfermé chez lui à enchaîner les lignes de code. Marié, père de famille et expert en sécurité (quelle coïncidence !), l'homme s'est tourné vers les sciences sociales et l'anglais durant ses études.
Pour Sabu, LulzSec prend naissance en parallèle de l'arrestation de Julian Assange, héraut du cyber-journalisme d'investigation : « Le (cyber/hack)activisme n'est pas du terrorisme. Qui terrorisons-nous ? Les gouvernements et les agences de sécurité qui espionnent nos conversations et nos messages Facebook ». Pour lui, le piratage de Sony n'est qu'une manière d'exposer au monde l'absence de sécurité des services informatiques qui conservent les données des utilisateurs, dont il n'hésite pas à qualifier l'état « catastrophique » où « aucune identité n'est protégée ».
Pour Sabu, le but des opérations de LulzSec est d'amener à une réelle protestation citoyenne, telle que celle qui se produit actuellement devant Wall Street depuis quelques semaines avec le mouvement Occupy Wall Street. En un mot : « fédérer » au-delà des frontières du web. Selon lui, le monde tel qu'il est actuellement ne serait pas si éloigné de 1984, le fameux roman de George Orwell où l'écrivain dépeint une société muselée, où la liberté d'expression a disparu au profit de la pensée commune et de la toute-surveillance des individus (« Big Brother is watching you »).
Le leader de LulzSec semble en tout cas confiant sur l'avenir du groupe. À la question « Et si vous vous faîtes arrêter comme Topiary ? » (NDLR : l'un des leaders de LulzSec arrêté) d'un internaute, Sabu répond subtilement « Le mouvement survivra car on n'arrête pas une idée. ». Ci-dessous, un extrait de reportage d'Euronews qui retrace l'arrestation de Topiary :
Source : 20 Minutes